jazz

Diana Krall, le disque de trop

La belle Canadienne sert une soupe populaire à ses fans déconfits

Diana Krall, le disque de trop

La belle Canadienne sert une soupe populaire à ses fans déconfits

Genre: jazz
Qui ? Diana Krall
Titre: Wallflower
Chez qui ? (Verve/Universal)

Les plus galants des amateurs de jazz parlent de déception. Les autres préfèrent passer pour des rustres que pour des sourds. Nul doute qu’avec Wallflower, Diana Krall signe le disque de trop dans sa quête du (toujours plus) grand public. La Canadienne s’y est laissé persuader qu’en déversant des hectolitres de guimauve sur un répertoire pop mollasson, en duettisant du bout des lèvres avec les fadasses Bryan Adams, Michael Bublé ou Blake Mills, en offrant sa plastique toujours aussi séduisante à l’objectif de photographes de mode, on ne pouvait que toucher le jackpot. Le seul espoir, pour son avenir artistique, est que les ventes de ce produit si tristement aseptisé ne suivent pas. On n’a pas trop envie d’épiloguer sur ce naufrage en soupesant les responsabilités ou en détaillant les noms, d’ailleurs illisibles sur un livret de pochette qui fera fureur dans les cabinets d’ophtalmologie, des complices de ce détournement de talent. On rappellera à ce propos à ses détracteurs un peu trop systématiques que Diana Krall, à la différence de certaines de ses consœurs, est une vraie musicienne, et par ailleurs un cadeau de Ray Brown qui n’avait pas la réputation de cautionner n’importe qui.

Mais en l’état, ce CD nous apprend seulement, et c’est peu de chose, que: a) Barry Manilow et André Rieu ont des agendas bien remplis, puisqu’ils ne sont pas là; b) la promesse, jadis martelée à qui voulait l’entendre, de ne jamais laisser la chanteuse étouffer la pianiste n’a pas été tenue; c) «Alone Again (Naturally)» de Gilbert O’Sullivan est décidément une chouette chansonnette, qui nous retient de jeter ce disque très oubliable à la corbeille.

Publicité