jazz

Diana Krall entre vocalises et fantasmes

Et si le peu de réalité que l’évolution technologique a bien voulu laisser à l’objet disque se concentrait dorénavant sur son visuel?…

Genre: jazz
Qui ? Diana Krall
Titre: Glad Rag Doll
Chez qui ? (Verve/Universal)

Et si le peu de réalité que l’évolution technologique a bien voulu laisser à l’objet disque se concentrait dorénavant sur son visuel? C’est ce qu’ont dû se dire les grands manitous de chez Verve en imaginant pour le dernier Diana Krall une pochette… comment dire? troublante.

L’embarras, passé la surprise plutôt agréable qui transforme l’auditeur-voyeur en loup lubrique à la Tex Avery, renvoie au cynisme d’une confusion des genres désormais établie. Comme s’il fallait, pour faire accéder le grand nombre aux cordes vocales de ces dames, l’appât d’une séduction toujours plus dénudée (voir le dernier album The Absence de Melody Gardot ou le tout frais Come a little closer de Laïka). On a beau chercher, on n’a pas souvenir de pochettes d’Ella ou Betty Carter en string – bon, ça n’était pas tout à fait la même plastique.

Et la musique? Elle ne résiste pas toujours à cette logique de savonnette qui fait de Glad Rag Doll un disque plein de bonnes idées dont la plupart n’aboutissent pas, parce que son interprète ne s’y reconnaît qu’à moitié. Country de feu de camp à la Norah Jones par-ci, climats déglingués façon Tom Waits de salon par-là, réverb de grange ou de salle de bal sudiste, piano savamment désaccordé, tout participe d’une coquetterie calculée assez éloignée du charme naturel de lady Diana. Ce qui la sauve et nous enchante malgré tout, c’est un sens du swing infaillible glané chez les plus grands, les Jimmy Rowles et Ray Brown de ses années de formation.

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