got

Diana Rigg, de «Chapeau melon…» à «Game of Thrones»

L’actrice de la mythique Emma Peel est apparue durant cinq saisons du feuilleton qui va bientôt s'achever. A Cannes il y a quelques jours, elle a raconté l’aventure, non sans critique

Succès planétaire, la série Game of Thrones revient ces jours pour une huitième et ultime saison. Nous consacrons une série d'articles à ses derniers flamboiements.

Lire aussi

De ses débuts dans Chapeau melon et bottes de cuir, en 1965 et pour 51 épisodes, à son arrivée dans Game of Thrones (GoT), (2013-2017, 18 épisodes), Diana Rigg tire une constante: «Dans les deux cas, je n’avais aucune idée de ce qu’était la série.» Elle racontait récemment à Canneseries: «Je ne me rendais pas du tout compte de l’importance de GoT. Ils m’ont approchée, et pour moi, c’était un job. Et j’ai pensé qu’ils voulaient me tester, car dans les dialogues qu’ils m’ont donnés, je devais parler de bateaux, de vaches, de je ne sais quoi encore… Je suis sûre que c’était une épreuve. Je me suis dit, «Allez vous faire f…, je vais le faire». Et je l’ai fait.»

Les propos de Diana Rigg sur son inoubliable rôle: «J’étais moins payée qu’un cameraman!»

«J’adore ne pas être appréciée»

Avec Diana Rigg pour le rôle d’Olenna Tyrell, «la reine des épines», les deux maîtres d’œuvre de GoT, qui seront bientôt quinquas, ont convié au festin celle qui, en Emma Peel, fut peut-être responsable de leurs émois d’enfants. L’actrice dit qu’elle ignore toujours en quoi consiste la série, cela ne l’a pas empêchée de briller dans le rôle de la vénérable dame au franc-parler, peut-être le seul personnage à peu près sincère des 67 actuels épisodes.

Directe, et féroce, ce qui a plu à Diana Rigg: «J’ai une prédilection pour les rôles de méchants. C’est plus excitant. Certains acteurs aiment être aimés, c’en est même obsessionnel. J’adore ne pas être appréciée.»

Et elle a retrouvé quelques connaissances sur le plateau, puisque la distribution de GoT compte de nombreux Anglais. «Je sais pourquoi: nous sommes moins chers, nous connaissons nos dialogues au moment où il le faut et nous ne demandons rien de spécial pour nos caravanes, comme du caviar.»

Un autre acteur des deux séries, disparu en 2016: Peter Vaughan, de «Chapeau melon et bottes de cuir» à Mestre Aemon

«Vingt-six prises, c’est beaucoup trop»

Sourire, puis petite pique: les méthodes de travail à Westeros ne l’ont pas enchantée. «Imaginez, nous avons fait jusqu’à 26 prises pour une scène… C’est beaucoup trop. On voit qu’il y a des moyens, et c’est lié au fait qu’il y a tellement de gens responsables… Mais vous perdez en spontanéité. Cela peut devenir insupportable pour les acteurs.»

Elle garde en revanche un bon souvenir de sa mort, «digne. La scène est forte parce qu’Olenna reste digne.» Et ainsi se nouent quarante années de culture populaire, du surréalisme d’espionnage anglais à la cruauté médiévale américaine.

Publicité