Lors d’un règlement de comptes entre deux bandes rivales, Zhou tue un policier. Le voilà contraint de se terrer, pour échapper à la police, dans la région du Lac aux oies sauvages qui donne son titre au troisième long métrage de Diao Yinan. Cinq ans après Black Coal (Ours d’or à Berlin), le réalisateur chinois signe un nouveau polar où l’histoire compte finalement moins que la manière dont elle est racontée. L’intérêt premier du film vient essentiellement de la façon dont il revisite les codes du cinéma de genre – scènes nocturnes, pluie, lumière diaphane, etc. – pour les transposer d’un univers de coutume essentiellement urbain à la campagne chinoise.

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Le fil narratif que déploie Le Lac aux oies sauvages est ténu. Et alors qu’un réalisateur comme Jia Zhang-ke (Les Eternels, présenté l’an dernier à Cannes et sorti récemment) use du polar pour parler de l’évolution de la société chinoise, Diao Yinan se contente ici d’un pur exercice de style, tout en empruntant à la tragédie les éléments d’une romance impossible. Si son film propose bien quelques moments de bravoure, notamment lorsque des dizaines de policiers entrent en scène, il reste bien modeste. Il est étonnant de le voir atterrir en compétition, où il va forcément souffrir de la comparaison avec des œuvres qui usent d’une approche esthétique tout aussi marquée pour questionner le monde.