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«Mer porteuse» possède un titre trompeur. Il n’est pas question, comme on pourrait le penser, d’un jeu de mots visant la gestation pour autrui, mais bien de l’océan Atlantique qui porte les destins de multiples personnages; parmi eux, il est vrai,…
© Tyler Lastovich / Unsplash

Livre

Didier Burkhalter emporté par une vague de mots

L’ancien conseiller fédéral publie son second roman, «Mer porteuse», aux Editions de l’Aire

Didier Burkhalter a quitté le Conseil fédéral il y a un peu moins d’un an – le 31 octobre 2017 – et voici qu’il publie déjà son troisième livre, après Enfance de terre, série de portraits d’enfants parue six semaines après son départ, et un premier roman, Là où lac et montagne se parlent, en avril dernier. Mer porteuse, son second roman, paraît cette semaine, en pleine rentrée littéraire et, comme ses livres précédents, aux Editions de l’Aire.

Il ne va pas de soi de lire un ancien politicien qui fut président de la Confédération et ministre des Affaires étrangères comme n’importe quel autre écrivain. Sa notoriété, qui rejaillit aussi sur les ventes de ses livres, dépose une sorte de filtre sur son travail. Mais plongeons tout de même un regard littéraire dans les pages du romancier.

Notons d’abord que Mer porteuse possède un titre trompeur. Il n’est pas question, comme on pourrait le penser, d’un jeu de mots visant la gestation pour autrui, mais bien de l’océan Atlantique qui porte les destins de multiples personnages; parmi eux, il est vrai, des mères et des enfants, abandonnés, trouvés, adoptés.

Mystère des origines

Tout commence au bord d’une baie, sinistrement nommée des Trépassés, en Bretagne, se poursuit sur un paquebot qui traverse l’océan jusqu’à Boston, puis au Canada, avant d’opérer un retour vers l’Europe afin que soit levé, plusieurs générations plus tard, le mystère des origines.

Le jeune romancier avance à toute vapeur. Ainsi ce passage, qui décrit son couple de héros, Gwellaouen et Kaelig, débarquant, avec Enor et Aelia, leurs jumeaux nouveau-nés, dans le Nouveau Monde: «Le moteur de l’enthousiasme enclenché et ronronnant joyeusement du premier coup», la petite famille s’en va découvrir «un terroir neuf, un paysage en pleine forme, déroulant ses tableaux immenses, fraîchement colorés, le long de côtes multiples, patiemment construites par une nature sauvage, mêlant avec bonheur, terre, pierre et forêts, lesquelles jouaient à se mesurer sans cesse à l’eau de la mer et à celle du fleuve Saint-Jean repoussant ostensiblement la jolie et large rivière Kennebecasis à la hauteur de l’île du même nom».

Vin doucereux

Et voilà que d’une phrase tout le Canada défile. C’est un peu là la rançon de l’enthousiasme en littérature: on se laisse porter par l’ivresse des mots, par le bonheur des adjectifs et des adverbes, par la joie des métaphores dont l’audace bientôt ne connaît plus de bornes. Ni la modération ni la mesure ne caractérisent l’écriture de Didier Burkhalter. En revanche, son enthousiasme, malgré les excès lexicaux qu’il entraîne, s’avère, au fil des pages, presque communicatif. Il y a chez ce nouveau romancier un tel plaisir d’écrire, un attachement au destin de ses personnages d’une sincérité telle, que le critique finit par poser son stylo rouge pour se laisser bercer par un récit de bon aloi.


Didier Burkhalter, invité du Livre sur les quais, ne pourra finalement pas participer à la manifestation morgienne:

«En raison de problèmes de santé impliquant une intervention chirurgicale ainsi qu’une période de convalescence, je suis contraint de renoncer à prendre part à la belle manifestation du « Livre sur les quais » de Morges. (...) «Je le regrette vivement», a indiqué Didier Burkhalter dans un communiqué.

www.lelivresurlesquais.ch


Didier Burkhalter, «Mer porteuse», L’Aire, 198 p.

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