Un polar bref, quel bonheur! «Entre la concision de la nouvelle et la générosité du roman», dixit l'éditeur, voici une nouvelle collection qui propose des textes courts d'auteurs confirmés. Parmi les trois premiers parus, celui du mal prononçable Didier Daeninckx est remarquable de justesse et d'émotion.

Dans un bled au bord de l'océan, deux majorettes ont été tuées au retour d'une fête votive. Détective à la retraite installé dans la maison de ses parents, Jean-Luc Mestrem accepte mollement de rompre sa solitude de mélomane désabusé pour mener un bout d'enquête. La police soupçonne un forain, un marin de passage. Suspects commodes, car lointains. Mais à force de fouiner de paroisse en bistrot, ce qui frappe le détective est la puissance des frustrations sexuelles qui accablent les autochtones, aussi soumis aux tabous religieux que du temps où il était petit chanteur à la chorale. Et c'est en reconstituant cette chorale, en renouant avec ses amis d'enfance devenus sexagénaires, que le vieil amateur de voix d'or trouvera la triste clé de l'énigme, au risque de rouvrir une blessure qu'il avait presque oubliée.