Spectacle

Didier Eribon et Edouard Louis érigent la scène en ring politique

Liés par une forte amitié, l’auteur d'«En finir avec Eddy Bellegueule» et celui de «Retour à Reims» éclairent la détresse d’un monde ouvrier qui se sent lâché. Au Théâtre de Vidy et à Paris, leurs textes brûlent comme des feux d’alerte

La France des oubliés sur scène, deux fois plutôt qu’une, à Lausanne et à Paris. Rarement spectacles auront fait autant écho à l’actualité, au grondement des samedis sur les ronds-points de la province, les Champs-Elysées de la capitale. Rarement textes seront tombés aussi à point.

D’un côté, Retour à Reims (Fayard), ce week-end au Théâtre de Vidy, avant une longue série fin mai; de l’autre Qui a tué mon père (Seuil), au Théâtre de la Colline à Paris, avant le Théâtre national de Strasbourg en mai et Vidy l’année prochaine. Ces deux textes vont à la rencontre, sans misérabilisme, la rage au cœur parfois, de ceux qui n’ont pas droit de cité, des petites gens comme on dit trop vite, qui ne laissent pas de traces et dont les tribuns populistes se réclament pourtant.