Non, on ne l’oubliera pas, cette Didon. Engloutie par les sables mouvants de l’amour et de la mort, voilà l’image dont on se souviendra après son sublime air Remember Me. La puissance visuelle et symbolique de cet ensablement final ne représente pourtant pas qu’un tableau marquant. Elle signe le délitement suffocant imprimé à l’opéra de Purcell par la compagnie Peeping Tom de Franck Chartier, le compositeur Atsushi Sakaï et la cheffe Emmanuelle Haïm. Créé dimanche en salle – où nous étions – avant d’être retransmis lundi soir sur écran, ce spectacle hors normes creusera un sillon profond dans les annales du Grand Théâtre.