Ambrus

Le dilemme de l’Occident face au «soft power» chinois

L’offensive de la République populaire de Chine sur le terrain du savoir place les intellectuels de l’Ouest dans une situation délicate. Comment collaborer avec une puissance devenue incontournable sans cautionner sa conception restrictive des libertés? Un dilemme qui n’est pas sans rappeler celui d’un certain Diderot face à la souveraine Catherine II de Russie

Comment résister à la tentative de séduction sur grande échelle entamée par la Chine? Derrière l’impact irrésistible des «nouvelles Routes de la soie», l’offensive sait également se faire plus subtile et profonde, en se positionnant sur le terrain du soft power, celui des idées et du savoir. On ne compte plus les Occidentaux partis faire carrière dans les universités chinoises, ni les colloques ou les revues internationales destinés à les attirer. Pas de doute: la Chine entend s’ouvrir aux échanges intellectuels avec le reste du monde et y prendre la place qui lui revient. Pour finir par tout absorber? Là aussi, la méfiance s’est installée côté Ouest. Il faut dire qu’au moment même où la République populaire dialogue avec ses futurs partenaires, elle restreint aussi les espaces de liberté intellectuelle qui avaient été concédés au cours de la dernière décennie, notamment dans les universités.

Lire aussi: Peter Frankopan: «L’Europe doit abandonner sa sinophobie flagrante»