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Douleurs dans la création, mais aussi sur scène et au quotidien pour cette jeune femme au visage merveilleux, mais qui laisse transparaître mille démons.
© Joseph Kadow

Musique

Dillon, la grâce fragile

Voyage extrême entre cieux et ténèbres: les chocs et turbulences sont garantis avec la jeune artiste brésilienne

Son style musical est une porte ouverte aux concours d’adjectifs: énigmatique, torturé, intense. C’est assez électronique, parfois expérimental, mais avec aussi des mélodies dépouillées d’un autre monde. C’est clairement à prendre ou à laisser: l’allergie peut être fatale dès les premières secondes, ou on peut au contraire se laisser transporter sans résister dans des territoires inconnus. Il en est ainsi depuis 2011 et son tout premier album, The Silence Kills. Son troisième essai – Kind, paru à l’automne dernier – représente presque un apaisement dans son processus de création: complexe mais attachant, certes encore abrasif, mais amputé des cris de douleur ou des plaintes qui pouvaient parsemer ses premières compositions. Un opus d’une puissance inouïe.

Si vous avez survécu aux flots de qualificatifs employés dans le premier paragraphe, vous aurez noté l’emploi du «torturé». Une constante pour Dillon, qui n’a jamais contesté les liens écriture-souffrance qui la menottent. Elle avait connu un gros blocage et une angoisse de la page blanche juste avant The Unknow, en 2014, et s’était alors imposé une discipline de fer pour le surmonter: «L’écriture est un défi qui me rend folle, une torture volontaire. Je suis toujours très heureuse quand j’arrive à terminer un poème, mais pour en arriver là, c’est exténuant. Ça ne s’est pas passé ainsi pour Kind, enfin pas complètement. J’avais assemblé une petite collection d’idées avant que la production ne commence. Pour la toute première fois, j’étais capable d’envisager ma musique avec un peu de lumière.»

L’épreuve de la scène

L’univers de cette Björk de l’hémisphère Sud – un raccourci évident, même si cette Brésilienne de 30 ans vit à Berlin depuis l’âge de 6 ans – reste malgré tout bien sombre. «L’isolement et la perte feront toujours partie de moi, parce que la vie, en ce qui me concerne, c’est la lutte et la confusion. Je suis aujourd’hui toujours aussi perdue, mais moins effrayée qu’avant, plus en «flottaison». Peut-être que la lumière que j’évoquais va disparaître. Mais si c’est le cas, j’aurai une preuve éternelle qu’elle a existé: cet album. Il y a dessus une bonté que je n’avais jamais perçue en moi, d’où le titre.»

Douleurs dans la création, mais aussi sur scène et au quotidien pour cette jeune femme au visage merveilleux, mais qui laisse transparaître mille démons: «Certains jours, il n’y a rien à faire, il s’agit juste de survivre. Ceux où je me sens mieux, j’essaie de méditer et de trouver une certaine routine. Mais tout se complique quand je pars en tournée, je suis si exposée au stress que je n’arrive pas à trouver un équilibre assez sain. Et pour être honnête, je ne prends pas de plaisir à monter sur scène, juste quand j’en sors. Oui c’est mieux de sortir de scène que d’y entrer, c’est comme vomir, on se sent beaucoup mieux une fois que c’est fait.» Elle devait récemment se produire à Yverdon-les-Bains, mais a finalement annulé ce concert…

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