Carnet noir

Dimitri évoqué en deux témoignages

L’acteur suisse Jean-Luc Bideau a joué dans le théâtre de Dimitri, à Verscio. Philippe Olza, ancien danseur, aujourd’hui producteur de spectacles, a fait partie des premiers élèves de l’école de Verscio. Ils reviennent sur leurs expériences

Jean-Luc Bideau

«J’ai joué dans le théâtre de Dimitri à Verscio il y a une dizaine d’années. J’y présentais Stratégie pour deux jambons de Raymond Cousse. A la fin du spectacle, il est venu vers moi avec son rire tellement particulier et il m’a dit: «C’est incroyable ce que vous faites!» J’étais un peu surpris qu’il me complimente ainsi. Je ne suis pas un acteur très subtil. Lui l’était. Je ne dirais pas qu’il dégageait une immense humanité sur scène. De ce point de vue, Grock, son grand modèle, était beaucoup plus marquant. Mais il était capable de tout, d’être musicien, équilibriste, mime bien sûr, toujours avec une précision diabolique. C’était un artiste qui donnait le sentiment de travailler de l’extérieur comme un dessinateur.»

«Ce qui me touche chez lui aussi, ce sont ses engagements. Il se battait pour des causes. Il a dans sa famille un successeur formidable: David Dimitri, son fils. On dirait le père, c’est stupéfiant. Je me rappelle l’avoir vu au Théâtre de Vidy, il y a cinq ans, dans L’Homme-Cirque. A la fin du spectacle, il montait sur un fil et se dirigeait vers le lac. C’était à couper le souffle.»


Philippe Olza

«Dimitri a rendu tant de choses possibles, dans la formation de l’acteur notamment. Je fais partie de la deuxième volée de son école à Verscio. Son concept était révolutionnaire pour la Suisse du milieu des années 1970: il prônait, et c’était unique alors, le mélange des disciplines, la danse, l’acrobatie, le jeu, mais aussi l’interculturalité. Les professeurs venaient du monde entier et c’était incroyablement stimulant.»

«Sur un plan personnel, je me rappelle avoir découvert Dimitri avec mes parents au Cirque Knie. Il y faisait un numéro fameux avec un éléphant. A un moment, on avait l’impression qu’il était à lui tout seul le cirque.»

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