La chasse bat son plein. Les canards affolés cancanent. Et les cancans s'entendent de loin. Dans la gibecière du chroniqueur théâtral, le Festival d'Avignon occupe une place de choix. Alors que le Zurichois Christoph Marthaler (Le Temps du 8 novembre), patron chahuté du Schauspielhaus de Zurich, s'apprête à être reçu – aujourd'hui, selon nos sources – par l'un des conseillers de Jean-Jacques Aillagon, ministre de la Culture; alors que l'entourage ministériel multiplie les coups de fil autorisés; alors que l'agenda donne des sueurs froides au ministre qui s'était engagé à faire part de son choix avant le 15 octobre (!), le nom de René Gonzalez, directeur du Théâtre de Vidy à Lausanne, alimente à son tour la rumeur. Sollicité par Le Temps, l'intéressé répond: «Dans l'hypothèse où je serais approché, je répondrais qu'à Lausanne, je fais l'amour, alors qu'à Avignon, je ne ferais que des passes. Mon histoire, c'est de faire naître des bébés ici.» Le ministre semble donc toujours hésiter entre plusieurs voies: nommer un artiste de très haut vol, mais il faudrait alors assortir cette nomination d'une très riche dot; parier sur la passion d'Olivier Py, directeur du Centre dramatique d'Orléans reçu pour la première fois la semaine passée au ministère et candidat déclaré à la succession de Bernard Faivre d'Arcier; confier à un administrateur chevronné la barre avignonnaise, style Ariel Goldenberg, directeur du Théâtre de Chaillot à Paris. Solution de repli possible: s'accorder quelques mois supplémentaires avant de trancher.