Alors que Sonia a unilatéralement décidé d’une pause dans leur relation de couple, voici qu’Adrien se voit imposer par le fiancé de sa sœur un discours de mariage. Mais ce laïus dans lequel il devra célébrer l’amour, avec les anecdotes d’usage et les félicitations de circonstance, il n’a aucune envie de le faire… Adapté d’un roman de Fabrice Caro, Le Discours se déroule lors d’un repas de famille; alors qu’Adrien attend désespérément que Sonia réponde à un SMS qu’il lui a envoyé afin de mesurer la durée restante de la pause, le voilà condamné à écouter ses parents ressasser les mêmes histoires et les fiancés évoquer leur quotidien, qui est déjà celui d’un vieux couple.

S’il y a dans ce dispositif quelque chose de théâtral, le film use ensuite de purs effets de cinéma pour raconter la manière dont Adrien va tenter de concilier tout au long du repas sa vie sentimentale qui s’effiloche et son désir d’échapper à la corvée du discours. Adresses au spectateur, flashback revenant sur sa rencontre avec Sonia et flashforward fantasmant le mariage à venir, interventions physiques de sa conscience avec deux Adrien côte à côte: une succession d’artifices narratifs fait du Discours une comédie joliment rythmée. Dans la lignée des rôles qu’il a récemment tenus dans Le Sens de la fête et Antoinette dans les Cévennes, Benjamin Lavernhe est parfaitement à l’aise, incarnant un Adrien profondément agaçant, comme pouvait d’ailleurs l’être le personnage joué par Jean Dujardin dans Le Retour du héros, le précédent film de Laurent Tirard.