Depuis les origines, le prix des CD n'a pas baissé malgré les promesses des compagnies, qui justifiaient leurs tarifs par les investissements consentis dans les nouvelles technologies. Or, ceux-ci sont largement amortis. Mais les choses pourraient changer avec la plainte que viennent de déposer trente Etats américains contre les cinq majors (BMG, Sony, Universal, EMI et Warner) pour entrave à la libre concurrence. Soupçonnées d'entente cartellaire, les grandes compagnies sont accusées d'avoir dérobé aux consommateurs 480 milliards de dollars par le maintien de prix artificiellement élevés. Si cette action devait aboutir, et l'on sait la puissance de telles procédures aux Etats-Unis, les majors perdraient une bataille décisive, qu'elles mènent avec détermination contre les «discounters» qui osent casser les prix de leurs produits. Car le marché américain est le plus important de la planète. Et rien n'exclut qu'une action semblable soit entreprise tôt ou tard par l'Union européenne, ouvrant une guerre analogue à celle déclenchée par le prix unique du livre.