Le piratage, MP3, la musique gratuite sur Internet menacent-ils le disque classique de disparition pure et simple? Pour les grands producteurs, le Web serait plutôt une bénédiction. D'abord parce qu'ils ne croient pas au danger durable d'un piratage généralisé, dont le classique souffre de toute manière moins que d'autres formes musicales, car la perte de qualité résultant du téléchargement y est plus sensible. En revanche, Internet, qu'il s'agisse de vente directe ou, plus tard, de diffusion maîtrisée des enregistrements, présente d'énormes avantages logistiques. La durée de vie du disque classique impose en effet aux producteurs de gros coûts de stockage et d'approvisionnement des disquaires. Si ceux-ci doivent tout craindre de la Toile, les compagnies y voient l'espoir de supprimer les intermédiaires, de récupérer leurs marges et d'entrer en contact direct avec le public, source d'un meilleur contrôle des ventes. BMG, l'une des cinq majors, vient ainsi d'afficher des chiffres records pour le mois de juillet, avec 4,1 millions de visiteurs, ce qui en fait le premier e-commerçant de disques devant CDnow.