Etrange Scelsi. A chaque nouvelle œuvre entendue, on s'étonne de cette approche du son,

méditative et magique, et en même temps physique et vibratoire, attentive à sa texture, à son grain. Une manière de faire résonner la note comme une incantation, et de la scruter comme les facettes d'un diamant qu'on fait tourner sous la lumière. Le choix ici présenté offre un aspect un peu différent. Peu de pièces lentes, figeant le temps dans cette contemplation sidérée de planètes sonores. Mais des morceaux de tempo souvent animé, voire frénétique, comme Yanaon pour voix de basse et instruments graves, ou, à l'autre extrême du registre, Rucke di Guck pour piccolo et saxo aigu, savoureux pépiement d'oiseaux colorés. Autour du saxophoniste Marcus Weiss, les remarquables musiciens de Contrechamps font merveille. Mais pourquoi diable ce disque célébrant un compositeur italien, enregistré à Bâle et à Cologne par des interprètes suisses, est-il assorti d'une pochette qui ne parle que l'anglais? Sans doute parce qu'il est sponsorisé par l'UBS.

Giacinto Scelsi, Kya, Marcus Weiss, Ens. Contrechamps, dir. Jürg Wyttenbach (hat [now] ART 117/Musikvertrieb)