Elle était blanchisseuse et elle est devenue maréchale Lefebvre, duchesse de Dantzig. Comme elle avait gardé son franc-parler, on l'avait baptisée Madame Sans-Gêne. Victorien Sardou en fit une pièce pour Sarah Bernhardt, Giordano son dixième opéra (1915). La Freni, voix intacte, portée par le feu de la scène, impose cette musique qui, selon les bonnes recettes du vérisme, s'entend à recréer un milieu et à chanter à coeur déployé.

Umberto Giordano, Madame Sans-Gêne, Mirella Freni, Giorgio Merighi; Théâtre de Modène, dir. Stefano Ranzani (Dynamic CDS 247/1-2/Musicora)