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Ambiance de la «La Femme la plus assassinée».
© Sylvie BARIOZ

fiction tv

Quand les distributeurs de cinéma creusent leur tombe

OPINION. Le Festival international du film fantastique de Neuchâtel a montré deux films refusés par des acteurs classiques du secteur. L’un d’eux est sauvé par Netflix, qui le proposera aux côtés de ses séries

Muere, monstruo, muere est un film d’horreur et de philosophie. Dans les steppes argentines et au cœur des forêts voisines, un monstre obsède les villageois de cette région reculée. Il décapite les femmes. Un homme semble relié à la créature, qu’il inscrit dans une certaine poétique de la tristesse humaine. Présentant son long métrage au Festival international du film fantastique de Neuchâtel (NIFFF), le réalisateur Alejandro Fadel lançait, touchant: «Merci de faire parler du film, utiliser le hashtag «mmm», le signaler sur les réseaux sociaux… Il est très difficile de distribuer ce genre de film en Argentine aujourd’hui. Les salles ferment au profit de multiplexes qui veulent les films américains et ceux d’Argentine qui comprennent les quatre ou cinq acteurs bankables du pays…»

Vu entre autres au NIFFF: «Operation Red Sea»: mieux vaut ne pas énerver l’armée chinoise

Un film sous pavillon belge

Quelques jours plus tôt, le Français Franck Ribière dévoilait La femme la plus assassinée du monde, avec Anna Mouglalis dans le rôle d’une vedette du Grand-Guignol des années 1930. Qui a réellement existé: le film, fort sympathique, est en grande partie inspiré de la vie de Paula Maxa, comédienne éventrée, poignardée, démembrée ou autre accommodation sanglante, tous les soirs sur la scène du théâtre d’horreur.

Le film bat pavillon belge. Aucune instance française n’a pris le risque d’un sujet jugé trop pointu. Le tour de table a pu être monté avec des producteurs bruxellois et les crédits d’impôt belges, ainsi qu’avec le soutien de Netflix. On reste toujours un peu surpris de voir et entendre le «tondonnn» de Netflix sur un grand écran.

A ce sujet: Face à Netflix, l’impuissance européenne

Les soubresauts du secteur

Même un festival modeste comme le NIFFF se trouve ainsi au cœur des soubresauts du secteur. Un géant de la Toile qui sauve des projets audacieux tout en dépensant des milliards en séries TV maison; et des distributeurs – de l’Argentine à l’Europe, l’encrassement culturel est le même – qui creusent leur tombe en misant sur une totale absence d’audace. A ce jeu-là, les petits écrans vaincront, mais ce sera en raison de la médiocrité de la concurrence des acteurs du grand écran.

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