En pensant à Anne Sylvestre qui chanta les gens, les cathédrales, les grandes et petites injustices du quotidien, l’amour et la révolte et la condition des femmes surgit, parmi d’autres souvenirs – le courage, le goût de la fronde, l’humour et le sens de la poésie – l’image d’une grande pudeur. Anne Sylvestre possédait une sorte de discrétion – «trop tard pour être une star», chantait-elle –, un penchant pour le secret peut-être aussi, un secret fondateur sans doute, autour duquel elle n’a cessé de broder et de développer ses merveilleux motifs de mélodies et de mots.