L’art brut intéresse aussi la Chine

Essai L’historienne de l’art Lucienne Peiry est traduite en Asie

Jusqu’ici, la potion «art brut» n’était guère goûtée dans un pays comme la Chine. L’ouvrage que Lucienne Peiry consacrait, en 1997, à cette forme d’art ­définie par Jean Dubuffet ne comportait aucune entrée relative à un artiste chinois. Au moment où ce livre paru chez Flammarion, et déjà traduit en allemand et en anglais, fait l’objet d’une traduction chinoise, la spécialiste n’a encore découvert et recensé qu’une seule artiste marquante, Guo Fengyi, sur le vaste territoire de la Chine, ainsi qu’un jeune dessinateur compulsif de véhicules, rencontré dans un hôpital psychiatrique.

Une édition augmentée

Lucienne Peiry travaille à une édition augmentée du volume sobrement intitulé Art brut, volume déjà plusieurs fois réédité, qui comprend de nombreuses illustrations et surtout un historique très fouillé et documenté de la découverte de l’art brut et de la manière dont il a été favorisé au cours du XXe siècle. Cette nouvelle mouture de l’essai issu de la thèse de doctorat de l’auteure inclura le fruit de voyages de prospection menés au fil des dernières années dans le monde entier, en particulier dans les pays d’Asie.

Signe d’ouverture

Mais la version qui sortira en juin aux presses universitaires de Shanghai (Shanghai Press University), avec le soutien notamment du collectionneur d’art chinois Uli Sigg, de la plateforme d’échanges entre la Suisse et la Chine SinOptic et de la Ville de Lausanne, ne prend pas encore en compte cette internationalisation de la notion d’art brut. Cette sortie en Chine n’en est pas moins le signe d’un ­intérêt et d’une ouverture de la scène artistique chinoise aux créateurs marginaux et autodidactes. Promesse d’une éclosion de talents?