Au bras des ombres, comme dit le poète Paul Eluard. Rébecca Balestra est cette sœur-là qui se pare de pierres précieuses pour accompagner les errants, vous, moi, elle. Elle est la reine d’un fantasme de music-hall, tendre et piquant dans une nuit blanche. A la Comédie de Genève, vendredi et ce week-end, avant le Théâtre des Halles de Sierre et l’Arsenic à Lausanne, elle a posé les mots de nos solitudes sur le clavier du pianiste Grégory Régis. Elle a portraituré des hommes et des femmes lessivés, traînant un spleen de chat de gouttière, d’une allée moisie à l’autre. Cette chronique d’une débandade, elle l’a appelée Olympia, histoire de rehausser le destin commun, de retourner l’entonnoir en musique, celle, délicatement sablée d’Andrès Garcia, que jouent en seconde partie les interprètes du The Swiss Cellists de la Haute Ecole de musique de Genève.