L’exposition des impressionnistes canadiens au Musée de l’Hermitage à Lausanne fermée quelques semaines après son lancement. L’édition 2020 de Polymanga et du Montreux Jazz Festival annulés, en partie reportés, à Montreux. Dans le canton de Vaud, comme ailleurs, le cortège d’annulations et de reports des événements culturels a mis à genoux ses acteurs sans que l’on sache combien d’entre eux pourraient se relever. La cheffe du Service des affaires culturelles vaudoises, Nicole Minder, est chargée de répartir un fonds d’urgence et d’indemnisation de 39 millions de francs provenant du canton et de la Confédération.

500 demandes d’aide traitées

Dix-huit d’entre eux ont déjà été attribués pour les manifestations prévues du 28 février au 31 octobre. Ils répondent aux 500 demandes d’aide qui ont été déposées avant la fin du mois de juillet; 70% d’entre elles ont trouvé réponse positive. Les dernières requêtes d’indemnisation pour pertes financières et surcoûts doivent être déposées d’ici au 20 septembre. Le solde de 21 millions de francs y pourvoira. La suite, elle, reste encore inconnue. Le fonds d’indemnisation pour report et annulation ne couvre les événements que jusqu’au 31 octobre. Le débat sur la loi Covid est en cours et son article 8 prévoit un fonds de relance pour la culture.

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Sur les 500 demandes traitées, 35% proviennent d’acteurs culturels indépendants et 65% d’entreprises culturelles. 71% des sollicitations d’aide émanent des arts de la scène et de la musique, les arts visuels, le cinéma, les musées et le design se partagent les autres requêtes.

«Les motifs de refus les plus fréquents ont concerné les demandes non éligibles par rapport aux critères de la Confédération, par exemple les artistes qui n’avaient pas de statut d’indépendant», détaille Nicole Minder. «Mais aussi les pertes de structures subventionnées, qui étaient de fait prises en charge par les réductions d’horaires de travail (RHT) ou les assurances perte de gain (APG). Certains types de pertes étaient également non recevables comme la billetterie.»

L’indemnisation couvre au maximum 80% des pertes, ainsi les acteurs ont dû redoubler d’inventivité pour trouver de l’argent chez leurs sponsors ou leurs partenaires. La conseillère d’Etat Cesla Amarelle a récemment rencontré des acteurs culturels qui lui ont fait part de la grande disparité des mesures sanitaires qui existent chez chacun d’entre eux, comme le masque au théâtre par exemple. Une demande d’uniformisation des pratiques lui a été adressée, à laquelle elle répondra mardi 15 septembre.