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Le djihad et les chatons

Un fil d’inepties, de manipulations, d’informations aux enjeux disproportionnés jetées sans hiérarchie… Se promener sur le compte Twitter d’une partisane de l’Etat islamique, ici une certaine Aïcha que l’on suppose établie en France, est une expérience à la fois intéressante et terrible. S’y mêlent des considérations contre Recep Tayyip Erdogan, des pensées d’Omar ibn al-Khattab – compagnon de Mahomet, des recettes de cuisine et foule de posts liés à la guerre en Syrie et au combat de l’Etat islamique. Les images y tiennent une place prépondérante; entre un gros plan sur un couscous aux tripes de mouton et les chatons si mignons qui ravissent les internautes, des têtes coupées, un enfant mort, la vidéo de djihadistes portant secours à «une vielle dame kurde à Kobane seule et abandonnée par sa famille».

On ne sait jamais d’où viennent les photographies ni qui les a prises, mais les commentaires qui les accompagnent sont univoques. Une ravissante fillette apparaît le visage gravement tuméfié sur un second cliché. Sous-titre: «Tous les ans en France, 180 à 200 enfants meurent de maltraitance et Daech n’en est pas responsable.» Difficile de comprendre le lien. Plus loin, deux petits garçons, l’un fumant et l’autre tenant son index bien droit, gestuelle chère aux islamistes: «La différence entre un enfant qui représente le combat pour la démocratie (ASL) et celui qui représente le califat.» Tiens donc. A l’inverse, le fil d’une militante pro-kurde montre un homme de l’Etat islamique piétinant un bébé – il serait en réalité un rebouteux du Bangladesh pratiquant une médecine étrange – ainsi qu’un combattant kurde nourrissant… des chatons.