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Angarsk, dans la région d'Irkoutsk, en Sibérie, le 19 octobre 2017.
© Dmitry Markov

Photographie

Dmitri Markov, la Russie dans le viseur

Le jeune photographe livre un portrait impressionniste et saisissant de la province russe, appelée aux urnes dans quelques jours

Une truie promenée en laisse sur la neige gelée. Deux enfants hypnotisés par une tablette. Trois petits vieux sur une moto. Quatre adolescents courant sur la plage. Cinq femmes assises sur un banc, les personnages de la publicité derrière elle semblant prendre appui sur leurs têtes. C’est la Russie de Dmitri Markov, une Russie sombre et légère, une Russie qui touche, qui effraie, qui amuse. Photographe dilettante, le trentenaire capte avec le même talent la beauté, les vacheries du destin et les drôleries du hasard.

Tout a commencé il y a dix ans. En quête de sens, Dmitri Markov s’engage comme bénévole dans un orphelinat situé près de Pskov, tout à l’ouest du pays. Le soir, il alimente un blog afin d’alerter les pouvoirs publics sur les conditions d’hébergement de ces adolescents attardés mentalement. Et se met à prendre des photographies pour accompagner ses textes. Le médium le happe: «L’écrit est toujours très concret, tandis que la photographie laisse une grande marge à l’interprétation, aux impressions personnelles. C’est un mode de communication plus subtil. J’apprécie aussi le fait que ce soit un langage universel. La moitié de mes abonnés viennent de l’étranger.»

Notre galerie de photos de Dmitri Markov:  Quelques reflets de la Russie provinciale

C’est que le garçon compte désormais un important fan-club, sur Instagram notamment, où il est suivi par plus de 200 000 personnes. En 2015, ses reportages lui valent une bourse Getty Images-Instagram, 10 000 dollars destinés à un projet documentaire, un ticket pour un road-trip impressionniste dans la Russie provinciale. Loin des élites et des dorures moscovites, Dmitri Markov se concentre sur le quotidien de ses concitoyens, n’éludant ni la pauvreté, ni la maladie, ni la vieillesse. «Des marginaux? Je n’aime pas ce mot, qui pourrait qualifier la moitié de la population russe. Il s’agit simplement de raconter les histoires de ceux qui vivent hors de la capitale», argue le photographe toujours actif dans le social. Les héritiers délaissés d’un ancien empire.


Sur Instagram:  www.instagram.com/dcim.ru/

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