#Un jour, un tweet

Docteur Diego et Mister Maradona

Après avoir raconté les destins d’Ayrton Senna et d'Amy Winehouse, le documentariste Asaf Kapadia s’est penché sur les années napolitaines du joueur argentin

Jusqu’au 25 mai, le hashtag #Cannes2019 sera l’un des plus utilisés sur Twitter. Chaque jour, parmi les milliers de gazouillis générés par le festival, «Le Temps» en retient un, prétexte à parler de Cannes, de sa Croisette, du cinéma, mais pas seulement.

#Un jour, un tweet

Diego Maradona aurait dû venir à Cannes. Las, il a avancé – ou prétexté – une blessure à l’épaule et une défaite mortifiante du club mexicain qu’il entraîne pour se défiler. C’est donc seul qu’Asaf Kapadia a présenté le documentaire qu’il lui a consacré, entièrement monté à partir d’images d’archives et de voix off contemporaines. Après Senna et Amy, sur Ayrton et Winehouse, c’est la première fois que le Britannique se penche sur le destin d’un vivant. Pour l’occasion, pas de simple nom ou prénom: son film s’intitule Diego Maradona.

L’essentiel du récit est logiquement consacré aux sept saisons que l’Argentin aura passées au SSC Naples, club auquel il offrira les deux seuls titres de champion d’Italie de son histoire. A son arrivée, le numéro 10 avait été accueilli par 85 000 spectateurs dans un stade au bord de l’implosion. On l’attendait en messie, il deviendra un dieu. Mais lorsqu’il quittera Naples, personne pour le saluer. L’Italie ne lui avait pas pardonné d’avoir éliminé la Squadra Azzura en demi-finale de «sa» Coupe du monde, en 1990. Lors d’un match sous tension qui s’était joué… à Naples.

Diego Maradona est le récit d’une réussite, celle d’un gosse des bidonvilles devenu le plus grand joueur du monde. Mais aussi d’une déchéance, celle d’un homme psychologiquement inapte à gérer autant de pression, qui sera condamné à rester à Naples alors qu’il voulait être libéré de son contrat, et qui sombrera dans la cocaïne tout en devenant malgré lui un protégé de la Camorra. Diego le surdoué du ballon rond contre Maradona le provocateur ingérable. Voilà un beau personnage tragique qui, un jour ou l’autre, devrait logiquement avoir droit à son biopic.

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