Cinéma

Le documentaire suisse «Free to Run» encensé en France

Sorti dans les salles de cinéma françaises mercredi dernier, le film du Genevois Pierre Morath passionne la presse

Ce n’est pas tous les jours qu’une production suisse récolte les éloges de la presse française. «Free to Run» l’a fait. Qualifié d'«étonnant», de «passionné» et de «passionnant», le film documentaire du Genevois Pierre Morath est décrit comme une «superbe ode à la course à pied». Retraçant l’histoire de ce sport qui, il y a 50 ans, était «uniquement réservé aux hommes, cantonné aux stades, avec des règles strictes, rétrogrades et sexistes», comme le décrit le synopsis, il déconstruit cette pratique jadis marginale, devenue aujourd’hui une mode.

Lire aussi:  La folle histoire du running

Sorti dans les salles de cinéma helvétiques le 24 février, «Free to Run» a débarqué en France le 13 avril. Qu’en disent les médias de l’Hexagone? Tour d’horizon.

Un film accessible au grand public, fruit d’un «remarquable travail d’archives»: pour l’hebdomadaire L’Express, «l’esthétique globale se révèle accrocheuse et efficace et la passion de Pierre Morath pour le sport et le cinéma, totalement communicative.»

Le Point conseille de «courir» dans les salles de cinéma pour découvrir cette «ode au dépassement de soi, à la nature et à la liberté», tandis que le quotidien Les Echos décrit: «un symbole de la «marchandisation» progressive de la course à pied hors des stades racontée par Pierre Morath dans son magnifique film, qui met en scène à travers des personnages clés la formidable quête de légitimité des coureurs des routes, des forêts et des champs».

Un seul reproche: Pierre Morath aime «presque trop» la course à pied

Parmi les commentaires très positifs du magazine sportif Athlétisme -parlant notamment du film comme d’une «superbe ode à la course à pied»- se greffe une douce critique: «Pierre Morath, ancien athlète de haut niveau, aime la course à pied et cela se sent. Presque trop, et c’est un des seuls reproches que l’on peut faire à son documentaire».

Rue89Lyon va plus loin dans cette critique, dénonçant le manque de jugement du producteur suisse sur sur ce sport qu'il affectionne: «S’il empile les interviews et compile les archives passionnantes, le cinéaste semble embarrassé lorsqu’il s’agit de s’engager personnellement, de commenter les dérives ou les dévoiements de son sport. Certes, il pointe quelques faits, mais reste prudent, dans une neutralité que l’on n’aurait pas le mauvais goût de qualifier d’helvétique.»

«Un sujet bien peu glamour sur le papier»

La revue lyonnaise Exitmag reconnaît à ce film «passionnant» une capacité à ne pas retracer simplement l’historique du running, à aller plus loin: «Les meilleurs films sur le sport sont précisément ceux qui parlent de tout autre chose, et ce documentaire suisse sur un sujet bien peu glamour sur le papier – l’histoire du running et de la course urbaine – en est le parfait exemple.»

«Passionné et passionnant», interrogeant «intelligemment» des thématiques variées, c’est ainsi que le blog A voir, à lire présente le documentaire: «Pierre Morath nous montre comment le running a participé à de profonds changements sociaux au cours des 50 dernières années. Il met à l’honneur ce sport, comme l’authentique reflet de notre société.»

On constate de quelle façon les Américains (puis tous les autres) se sont emparés d’un mouvement libertaire pour en faire un véritable business.

«Coureur ou non, les images, le récit et la musique nous captivent instantanément», peut-on lire sur le Blog du cinéma, qui souligne que les diverses thématiques sont traitées «avec intelligence et humanité par Pierre Morath dans ce film si étonnant». Contrairement à Rue89Lyon, le blog soulève l'aspect critique du producteur: «Pierre Morath a l’honnêteté de ne pas exclure le revers de la médaille», l’auteur précisant: «Il nous invite d’une part à découvrir où s’arrête l’enthousiasme soulevé par cette activité (à travers l’épisode de l’ouragan Sandy qui a frappé l’Etat de New York six jours avant le Marathon). D’autre part, on constate de quelle façon les Américains (puis tous les autres) se sont emparés d’un mouvement libertaire pour en faire un véritable business comme cela est toujours et inévitablement le cas.»

D'autres médias, comme TF1, LCI ou encore TV5, ont également parlé de cette sortie. Ils ont, pour l'occasion, relaté l’historique de la course à pied par le biais de reportages et interviews.

Depuis sa sortie en Suisse en février, «Free to Run» a attiré un peu plus de 9000 spectateurs romands – ce qui est un résultat conséquent pour un documentaire. Vu l'accueil que lui ont réservé les médias français, la tendance doit également être réjouissante outre-frontière. Le documentaire est attendu en Belgique le mois prochain.

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