En quelques années et trois films (48 heuresUn Fauteuil pour deuxLe Flic de Beverly Hills), Eddie Murphy est devenu, au début des années 1980, une star énorme. Et surtout, une des rares stars afro-américaines. S’il a aussi rapidement réussi à s’imposer dans une industrie hollywoodienne majoritairement blanche, c’est parce qu’il est, à l’instar de Whoopi Goldberg, un acteur comique. Dans les films «sérieux», les rôles principaux confiés à des acteurs noirs ne sont alors pas légion.

Mais qu’est devenu Eddie Murphy? Pour être honnête, on ne s’était pas posé la question récemment. Depuis l’échec intersidéral de Pluto Nash en 2002, une série B de science-fiction plutôt amusante, le New-Yorkais n’a pas totalement disparu des écrans, mais a enchaîné les films médiocres. Surprise, c’est dans une production Netflix – Dolemite Is My Name – qu’on l’a retrouvé en septembre dernier. Un film passé largement inaperçu alors que le comédien, jadis  révélé  par le Saturday Night Live, y retrouve enfin un rôle à la hauteur de son talent comique.

Il y incarne Rudy Ray Moore (1927-2008), vendeur de disques dans un magasin branché du Los Angeles des seventies et artiste de cabaret de seconde zone rêvant de devenir une star du stand-up. Un jour, s’appropriant les histoires d’un autre pour inventer le personnage de Dolemite, un proxénète pour le moins haut en couleur, il va voir son rêve de gloire se concrétiser. Rudy Ray Moore reste surtout connu pour le film Dolemite, un nanar assez incroyable devenu un classique de la blaxploitation. Assez habilement, Craig Brewer, réalisateur en 2011 d’un honnête remake de Footloose, fait de Dolemite Is My Name un pur film de blaxploitation, une comédie funky à l’humour joliment décalé, et porté par un Eddie Murphy ressucité. Nul doute que sans l’appui de Netflix, ce projet finalement audacieux n’aurait jamais vu le jour.

«Dolemite Is My Name», de Craig Brewer  (Etats-Unis, 2019), avec Eddie Murphy, Snoop Dog, Wesley Snipes, 1h58. Netflix.


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