Livres

Domenico Starnone, dans l’enfer conjugal

Reconnu en Italie pour ses jeux de miroir entre fiction et réalité, le romancier déploie dans «Les Liens» la mécanique cruelle qu’engendre le malheur matrimonial. Depuis 2005, et malgré ses démentis, il est soupçonné d’être la plume qui se cache derrière le pseudonyme d’Elena Ferrante

Nombre de romans explorent la vie conjugale, mettent en relief ses beautés, ses adversités ou ses complexités. Avec Les Liens, son troisième roman traduit en français, Domenico Starnone foule certes ces sentiers battus mais il y marche d’un pas singulier. Comme Aldo, l’un de ses personnages, Domenico Starnone a été enseignant, journaliste et scénariste. A son actif de romancier figure une quinzaine de titres où l’ironie, l’absurde, le comique parfois, reviennent comme des traits de caractère forts. Tout comme une réflexion, en pointillé mais continue, sur sa propre génération, celle qui s’est mobilisée à l’extrême gauche, jusqu’à la violence armée.

Né à Naples en 1943, il vit à Rome et ces deux villes sont les décors récurrents de ses livres. C’est la Naples de son enfance qu’il fait revivre dans Via Gemito, Prix Strega 2001, le Goncourt italien, tendu autour d’une figure de père qui se sait peintre mais qui doit travailler comme cheminot pour subvenir aux besoins d’une famille nombreuse. Envahi par la frustration et la rancœur, l’artiste empêché fait payer ses rêves impossibles à sa femme et à ses enfants.