C'est probablement le plus bel hommage que l'on pouvait faire à l'architecte et utopiste américain Richard Buckminster Fuller: en 1985, deux ans après sa mort, des physiciens découvrent une nouvelle famille de molécules qu'ils baptisent sans hésiter les «fullerènes». La plus connue d'entre elles est le C60, constitué de 60 atomes de carbones disposés de manière à former un ballon de football. Une construction qui semble sortir tout droit de l'imagination de l'artiste autodidacte américain, tant elle ressemble, en miniature, à ses fameux dômes monumentaux.

Depuis, les fullerènes sont devenus la coqueluche des universités du monde entier. En partant du C60, les physiciens ont réussi par la suite à fabriquer des nanotubes, qui sont des cylindres très fins et très longs. Les chercheurs les utilisent principalement comme canons à électrons. Ils en étudient toutes les caractéristiques en détail – à l'échelle du nanomètre, les propriétés physiques deviennent de moins en moins triviales – et d'aucuns rêvent même de les utiliser pour

développer des écrans plats de télévision.

Grâce aux fullerènes, l'esprit visionnaire de Richard Buckminster Fuller semble continuer à vivre et à engendrer des projets futuristes, même après sa mort.