C'est désormais une tradition: chaque hiver, l'Opéra de Fribourg accueille de jeunes chanteurs et l'Orchestre de chambre de Genève (dirigé par Laurent Gendre) autour d'un ouvrage lyrique. L'année dernière, Vincent Vittoz avait choisi de plonger l'action du Songe d'une Nuit d'Eté de Benjamin Britten dans un hangar désaffecté. Cette année, c'est le milieu de la boxe qui est à l'honneur. Choix d'autant plus surprenant que Don Pasquale de Donizetti est une comédie italienne.

Mais Philippe Léonard n'a pas complètement écarté l'Italie. L'action se passe à Rome, au printemps 1950, dans une salle de boxe que dirige Don Pasquale. «L'entourage exclusivement masculin de Don Pasquale, son angoisse de finir seul une vie sans femme, sa fragilité pathétique de colosse aux pieds d'argile, le pugilat qui suit la scène du mariage m'ont fait penser à l'univers viril et sans concession de la boxe, explique-t-il. L'énigmatique Docteur Malatesta, «tête perfide», célibataire lui aussi, mais ami et complice des amoureux, manipule tout et tous, dans la plus pure tradition du film noir.» La boxe et le cinéma sont donc au rendez-vous pour cette production où les cinéphiles reconnaîtront des allusions à Rocco et ses frères, Rome ville ouverte ou L'air de Paris.

Don Pasquale. Opéra de Fribourg. Aula de l'Université. Lu 31 déc. à 19 h. Ve 4, ve 11, me 16 et ve 18 janvier à 19 h 30. Di 6, 13 et 20 janv. à 17h. Loc. 026 323 25 55.