Qui ? Don Winslow

Titre: Missing: New York

Trad. de l’anglais (Etats-Unis)par Philippe Loubat-Delranc

Chez qui ? Seuil, 304 p.

 

La première caractéristique qui frappe le lecteur en avançant dans Missing: New York est la précision de l’auteur. Valeur sûre, auteur notamment de La Griffe du chien et Savages, qu’avait adapté Oliver Stone, Don Winslow ne manque pas d’expérience. L’éditeur indique qu’il a notamment été détective privé, ce qui explique en partie la sûreté du propos s’agissant d’enlèvements d’enfants. A Lincoln, une ville du Nebraska faite d’habitants pour la plupart honnêtes – «Les gens, par ici, veillent les uns sur les autres» –, Hailey, 5 ans, disparaît. Le sergent de police Frank Decker s’empare de l’affaire, qu’il va piloter – en partie, car ce type de situation donne lieu à de forts déploiements. C’est l’une des précisions de Don Winslow, au fait des délais et des procédures, entre les polices locales, les cellules spécialisées, le FBI, les citoyens volontaires pour les recherches…

 

La première partie du roman suit en détail la chasse au kidnappeur, puisque l’hypothèse d’un enlèvement s’impose vite. Pour certains, passé une durée froidement statistique, la traque devient même la recherche du corps.

Une autre gamine est enlevée. Cette affaire-là sera résolue. Mais pas celle de Hailey, et, au fil des semaines, il faudrait passer à autre chose. Avec son mariage qui s’éteint à petit feu, son désabusement face au monde actuel dans lequel chacun a son casque à l’oreille et les yeux rivés à l’écran mobile – «comme si nous étions les personnages de nos propres films» –, Frank a un sursaut. Une intuition qui s’impose sans conflit intérieur: il veut trouver Hailey. Il quitte la police, vit sur ses économies. Question de principe, de raison de vivre. L’investigation va l’amener à New York, en milieux huppés. Dans sa quête incessante.

Avec son curieux titre (qui est l’original), Missing : New York évolue dans le sens d’un thriller, mais Don Winslow sait mêler la nervosité de l’écriture à l’humanité humble de son personnage. Il laisse entendre, et l’éditeur aussi, que Frank Decker reviendra, comme Neal Carey dans de précédents romans. Tant mieux.