Le plus inventif des auteurs de polars américains offre une récréation estivale à ses lecteurs, juste après Smoke, satire féroce des industriels du tabac (rééditée en Rivages poche) qui proposait l'an dernier une ingénieuse variation sur le thème de l'homme invisible. Dans Au Pire, qu'est-ce qu'on risque? (titre original: What's the worst that could happen?), Westlake revient à son personnage de Dortmunder, sorte de Buster Keaton de la cambriole. Le point de départ de cette histoire d'arroseur arrosé est mince: le milliardaire Max Fairbanks, adepte de la divination par le Yi king, a surpris Dortmunder en pleine effraction et affirme que la bague en toc de ce dernier lui appartient: sa lubie va lui coûter cher, car cette bague est un cadeau porte-bonheur que Dortmunder va tout faire pour récupérer, avec l'aide de sa petite amie May et de deux complices inattendus. De New York à Washington et Las Vegas, aucune des résidences les mieux gardées du milliardaire ne leur résistera. Un finale en apothéose conclut cette fantaisie pleine de petites drôleries (telle une impayable discussion de café de commerce sur les codes-barres) et pas si immorale que ça.