Dorota Maslowska. Polococktail Party. Trad. de Zofia Bobowicz. Editions Noir sur Blanc, 240 p.

Née en 1983 près de Gdansk, Dorota Maslowska a écrit en un mois, au moment où elle préparait son bac, ce livre incendiaire qui a fait beaucoup de bruit en Pologne. Et qui brosse le portrait d'une jeunesse complètement déboussolée, façon Michel Houellebecq. Comme son titre le suggère, Polococktail Party (Wojna polsko-ruska) est un mélange explosif où l'argot et le délire hallucinatoire se conjuguent jusqu'au malaise. Le scénario? Un long monologue intérieur au fil duquel se confesse «Le Fort», un hooligan paumé, borné, machiste, violent, xénophobe, anar et suicidaire. Très porté sur les amphétamines, cet adepte du déprimisme à la polonaise raconte sa galère entre bars glauques et commissariats, cités-dortoirs et discothèques… Autant de scènes pitoyables, arrachées à un quotidien sordide, avec une belle série de capotages psychologiques et de naufrages sentimentaux qui en disent long sur le désarroi de la génération post-communiste. Roman? Document? Provocation? Tout à la fois, sous la plume d'une enragée qui ne mérite tout de même pas qu'on la compare à Witold Gombrowicz, ni à Françoise Sagan, comme l'ont fait certains critiques polonais.