«Le quatrain est à la poésie chinoise ce que la flûte est à la symphonie», écrit le traducteur de ces petits poèmes chantés, appartenant au genre yo-fou qui fleurit sous le règne des premiers empereurs T’ang, aux VIIe et VIIIe siècles. «D’où vient le vent d’automne? Frémissant, frémissant,/il nous envoie par groupes, les oies sauvages./De bon matin, elles entrent dans les arbres de la cour./Qui les a entendues le premier? Le voyageur solitaire.» Ce «Prélude du vent d’automne» de Lieou Yu-Si ne répond-il pas aux trois vertus du yo-fou: la sonorité harmonieuse, l’évocation d’un état d’âme lointain et ineffable et la nouveauté des images poétiques? Le secret réside dans le dernier vers qui doit «toucher droit au cœur» ou «entraîner très loin dans l’Infini nostalgique». La traduction mot à mot exhale un «exotisme sans fard» mystérieux et séduisant.