série

«Dracula», nouvelles canines

Le duo d’auteurs et réalisateurs Steven Moffat et Mark Gatiss, avec la productrice Sue Vertue, ajoutent leur relecture du monstre victorien après leurs «Jekyll» et «Sherlock». Outrancier, énervant, captivant

En regardant les trois longs chapitres de Dracula, l’auteur de ces lignes est passé par bien des stades. Un peu de fascination et d’exaspération en même temps dans le premier volet; un brin d’ennui durant le deuxième; et une surprise mâtinée d’enthousiasme au long du troisième. La nouvelle création du trio Steven Moffat, Mark Gatiss (auteurs et réalisateurs) et Sue Vertue (productrice, au reste épouse du premier) tient du grand 8, forcé parfois, mais surtout captivant dans l’ensemble.

Déjà, le format détonne. Trois épisodes de la longueur d’un long métrage. Le triptyque constitue des histoires presque closes, la Transylvanie d’abord, le trajet en bateau, puis Londres. On le voit, la structure générale respecte le fil du roman de Bram Stocker. Les connaisseurs retrouvent Jonathan Harker, l’avocat parti au fond des Carpates pour la transaction que veut effectuer le comte Dracula, désireux de s’établir dans la capitale britannique. Il se retrouve dans le château posé sur un à-pic, pris au piège par le ténébreux personnage, et se perd dans les couloirs de la bâtisse sinistre, traversée par les mouches et les chauves-souris. Les amateurs exigeants retrouvent d’ailleurs le thème de la mouche, qui a sa forte présence dans le roman de 1897.

Voici pour les correspondances: les étapes générales, le point de départ et le trajet funeste qui amène le non-mort dans les rues de la Londres fin XIXe.