Theatre

La dure loi du vide

Pas sûr que l’école du «moins pour le mieux», célébrée sur les scènes par des artistes comme Philippe Quesne, Marco Berrettini, Massimo Furlan ou François Gremaud, pas sûr que ce théâtre de la sensation, économe en mots et riche en situations, soit toujours une bonne source d’inspiration pour les metteurs en scène en formation.

On s’est déjà posé la question l’automne dernier avec Hey, it’s cold here! , solo de Julia Perazzini sur les personnalités multiples. Au bord de l’eau, à Lausanne, la comédienne convoquait plusieurs figures du féminin, sans pour autant combler le temps, long, de sa réflexion.

Pareil sentiment de vacuité accompagne Brutale Nature, création mise en scène par Adina Secrétan et où l’on retrouve Julia Perazzini aux côtés de Joëlle Fontannaz, Mathias Glayre et Patrick Dévantéry. Selon les notes d’intention du spectacle, il s’agit de décrypter les nouveaux statuts de la nature. «A côté de la nature abondante, ressource infinie pour l’homme, et la nature dangereuse, que l’homme cherche depuis tant de siècles à maîtriser, on envisage aussi désormais une nature épuisable, fragilisée, sévèrement menacée», note le collectif La Section Lopez avec une acuité prometteuse.

Malheureusement, le résultat n’est pas à la hauteur de l’observation. Que le collectif préfère «la fable contemplative» au projet didactique, tant mieux. Pour autant que le traitement sensoriel de ce qui s’apparente à une expédition soit ingénieux et puissant. Or, à l’image du lourd velours qui recouvre le sol et les murs, le traitement est pesant. Quelques fruits tombent du ciel, des habits fondent un chemin dans l’eau, des cartes postales offrent une trouée, mais le spectacle dure, dure, sans décoller vraiment. Le moins pour le mieux? Un genre redoutablement exigeant.

Brutale Nature, Théâtre 2.21, Lausanne, jusqu’au 28 avril,021 311 65 14, www.theatre221.ch

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