Le film. «Je n'oublierai jamais le week-end où Laura est morte», dit la célèbre phrase d'ouverture de cette œuvre considérée comme un canon du film noir. Pour ménager d'éventuels nouveaux spectateurs, on ne révélera pas le premier coup de théâtre d'un scénario ennobli par sa densité et sa sobriété. Voyons plutôt la galerie de personnages, à commencer par Mc Pherson, le policier chargé de l'enquête (Dana Andrews), condensé à lui seul des traits de caractère du polar classique, totale introversion, humeur bourrue et éloquence aussi généreuse qu'un télex militaire. Ainsi que Waldo Lydecker (Clifton Webb), chroniqueur mondain, protecteur attentionné de Laura, mélange de cynisme rodé et d'une fragilité affective qui le dépasse. Et, bien sûr, le rôle-titre, femme ambitieuse, ferme mais sans cesse à ses limites, par la lumineuse Gene Tierney. Avec son thème musical légendaire, Laura n'est pas seulement passionnant, il reste la mesure d'un certain âge d'or.

Les disques. Il vaut la peine de farfouiller pour dénicher la récente édition Benelux, sur deux disques. Outre une copie superbe sont proposés des scènes supplémentaires, des commentaires audio par des historiens, deux beaux portraits de Gene Tierney et Vincent Price, avec un livret instructif.

Deux DVD zone 2. Bande originale: anglaise (DD 2.0), française (mono). Sous-titrage: français, néerlandais. Fox.