Cela fait un demi-siècle que deux motos à longue fourche lancées sur les pistes de l’Ouest américain rugissent dans l’imaginaire collectif. Les choppers pilotés par Peter Fonda et Dennis Hopper, avec Jack Nicholson sur le siège arrière, restent le symbole d’une décennie éprise de liberté et pleine de révolte. Pour se souvenir de la projection d’Easy Rider à Cannes, des photos d’archives circulent. On voit les trois bikers improviser un petit quadrille avec des filles sur la Croisette.

Le soir, seul Nicholson a mis le smoking obligatoire. Ses compères ont contourné un dress code alors intransigeant en enfilant un uniforme militaire, seule alternative possible à l’habit de pingouin. Ils ont opté pour des uniformes nordistes de la guerre de Sécession. Une hippie habillée à l’indienne accompagne les deux héros de la contre-culture. Ils sont top classe, cool et rebelles, c’est de la mythologie pure! On n’en verra plus jamais des boula-matari woodstockiens de cette trempe!…

Du calme les jeunes. Le temps magnifie les choses du passé. A l’époque, personne ne se souciait de ces foutriquets chevelus et de leur petit film de motard. Il faut ouvrir les yeux, regarder autour de soi pour repérer les mythes de 2069 – si le Festival de Cannes, le cinéma et la planète existent encore, bien sûr… C’est peut-être Djebril Zonga (Les Misérables) ou Mama Sané (Atlantique), ou encore Viktoria Miroshnichenko (Une Grande Fille)…