Le poche de la semaine

«Ecoute la pluie» de Michèle Lesbre

Un beau récit, poignant, qui réfléchit sur l’amour, la mort, le don et la vie

Le poche de la semaine

«Lorsque j’ai jeté un œil sur ma montre,hier soir, il étaitgrand temps que je quitte l’agence»

Genre: récit
Qui ? Michèle Lesbre
Titre: Ecoute la pluie
Chez qui ? Folio, 100 p.

Ce soir-là, celle qui dit «je», une narratrice qui ressemble à l’auteure de Ecoute la pluie, Michèle Lesbre, à qui cette histoire est bel et bien arrivée, ce soir-là donc, la narratrice a rendez-vous avec un homme qu’elle aime. Elle court prendre le train pour le rejoindre bientôt à l’Hôtel des Embruns. Elle est tout entière habitée par son rendez-vous amoureux, mais c’est une autre rencontre, bien plus surprenante et douloureuse, qu’elle s’apprête à faire. Alors qu’elle est sur le quai du métro à la station Gambetta, un vieil homme lui sourit. Elle lui rend son sourire. Puis la rame de métro approche, le vieil homme lui sourit de nouveau, et il se jette sous le métro. Elle fuit dans la ville, elle ne prendra pas son train, elle ne téléphonera pas, elle est bouleversée.

Des années plus tard, Michèle Lesbre écrit autour de cette histoire et tente de raconter avec la délicatesse et l’esprit vif qui la caractérisent ce que cet événement a provoqué dans sa vie. Un séisme évidemment, mais dont les conséquences ne sont pas forcément celles qu’on attend. Michèle Lesbre, dans ses romans, est sensible aux signes, aux messages, aux messagers. Dans Le Canapé rouge, une vieille dame, une voisine, l’aidait à traverser un moment particulier de sa vie. Le vieil homme de la station Gambetta lui aussi est porteur d’un signe. Des anciens s’en vont, leurs messages se déposent dans la mémoire de l’écrivain, quelque chose s’allège, leur héritage n’est pas pesant, bien au contraire, il invite à une forme de bonheur. Ecoute la pluie est un beau récit, qui réfléchit à la mort et au don, à l’amour et à la vie.

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