Le point d’orgue, la pièce manquante du puzzle: c’est ainsi que Vera Michalski a désigné aujourd’hui, lors de l’inauguration, les résidences d’écrivains qui accueillent dès aujourd’hui à Montricher, et pour des séjours plus ou moins long, des auteurs venus du monde entier. La petite cité entièrement dédiée aux écrivains, aux lecteurs et aux livres, voulue et imaginée par l’éditrice et mécène aux pieds du Jura, est ainsi complète. Après l’ouverture en 2013 de l’auditorium et de la salle d’expositions puis, en 2014, de la bibliothèque, voici donc l’ouverture des «cabanes» dessinées par sept architectes suisses et internationaux différents et suspendues à une forêt imaginaire, un rêve en béton, signé par le duo d’architectes Vincent Mangeat et Pierre Wahlen.

Ancienne colonie de vacances

Maisonnettes suspendues avec vue sur les Alpes pour six d’entre elles et sur le Jura pour une septième (la huitième, signée par les Chiliens de l’Agence Elemental, accueillant une salle commune), toutes ressemblent à des cellules de moines ultra design. Pierre Wahlen confirme: «Quand les réflexions ont débuté, en 2000, nous avons pris modèle sur la Chartreuse. Ici, le site comportait une ancienne colonie de vacances. Sur son emplacement, se trouve maintenant la bibliothèque. L’auditorium a été construit là où se trouvait une chapelle. La petite place qui reliait les deux bâtiments a été conservée. Mais il fallait quelque chose pour unifier les différents éléments d’où l’idée de la «canopée» en béton qui surplombe tous les bâtiments de la Fondation et à laquelle sont accrochées les cabanes.»

Lieu de vie

Dès le 5 avril, la Fondation va donc devenir un lieu de vie et de travail pour six écrivains. Plus d’une vingtaine d’autres vont les relayer jusqu’en décembre 2017. S’inspirant de l’énergie du lieu, puisant à sa beauté et à son silence, ils vont débuter, poursuivre ou achever des projets d’écriture de multiples formes, du roman au théâtre, de la traduction à l’essai et jusqu’à la photographie, le cinéma ou la musique tant que l’écriture est au centre du travail. Tout écrivain ayant publié ou non est éligible, sans restriction d’âge ou de nationalité. La pertinence et le sérieux des projets sont étudiés par un comité d’experts présidés par Vera Michalski. La durée des séjours varie de deux semaines à six mois. En plus des petits-déjeuners et déjeuners offerts, les auteurs en résidence reçoivent une allocation forfaitaire de 1200 francs par mois.

Bouche-à-oreille

Sans publicité, par le simple bouche-à-oreille, près de 900 candidatures sont arrivées à la Fondation. Parmi les 29 retenus, on compte les Suisses Philippe Rahmy («Béton armé», «Allegra»), Thomas Sandoz («Même en terre», «Croix de bois, croix de fer»…), Aude Seigne («Chroniques de l’Occident nomade», «Les Neiges de Damas») ainsi que le collectif Caractères mobiles (Benjamin Pecoud, Catherine Favre, Mathias Howald) qui solliciteront des commandes des habitants du lieu pour écrire «Les Chroniques de Montricher». Avec leurs pairs venus d’Islande, de Singapour, des Etats-Unis, du pays de Galle, de France ou de l’Inde, du Brésil ou d’Allemagne, auteurs débutants ou confirmés, traducteurs, poètes, ils vont mettre des mots sur le monde, à même le ciel de Montricher.

Plus d’informations sur: www.fondation-janmichalski.com