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Der britische Musiker Ed Sheeran bei seinem Konzert am Freitag, 3. August 2018, in Stadion Letzigrund in Zuerich. (KEYSTONE/Ennio Leanza) === EDITORIAL USE ONLY; SWITZERLAND AND LIECHTENSTEIN ONLY === (KEYSTONE/Ennio Leanza)
© ENNIO LEANZA

Scènes

Ed Sheeran, l’homme-orchestre face au stade

Ce week-end, la superstar britannique a investi le Letzigrund à Zurich pour deux soirées qui affichaient complet depuis plusieurs mois. Devant près de 50 000 personnes, le jeune Anglais a assuré un show en solo, simple mais généreux

On s’était dit qu’il n’oserait pas. Que pour investir les stades, le jeune Britannique devait avoir vu les choses en grand. Ou tout du moins avoir recruté une bande de musiciens, histoire de dynamiter ses traditionnelles ballades guitare-voix. Peut-être parce qu’on avait encore en tête les derniers invités du Letzigrund, des groupes mythiques aux shows rugissants: les riffs survoltés de Depeche Mode, Coldplay et ses canons à confettis ou encore la messe rock’n’roll des Rolling Stones, de passage en septembre dernier.

Eh bien non. Devant un public de 48 000 personnes, majoritairement féminin, oscillant entre 15 et 30 ans et frôlant la déshydratation, Ed Sheeran débarque à l’heure, muni de sa guitare et de sa pédale loop… seul. Soudain, tout paraît disproportionné. Difficile d’imaginer que les trams pleins à craquer, les hélicoptères, la fosse fourmillante et multilingue, cette voix dans les haut-parleurs guidant le flot continu de visiteurs n’étaient dus qu’à la venue de ce petit bonhomme en bermuda. Dont les deux dates à Letzigrund affichent complet depuis plusieurs mois.

Mais Ed Sheeran en a vu d’autres. Déjà bien entamée, sa troisième tournée mondiale, le Divide Tour, l’a vu abattre près de 200 dates sur quatre continents (dont une au Hallenstadion de Zurich en mars 2017), certaines réunissant quelque 150 000 fans. C’est incontestable: à 27 ans, le rouquin à la pop à la fois rythmique, sucrée et acoustique est un fédérateur au sommet de la vague.

Sportif en sueur

Ed Sheeran est seul sous les écrans LED, et le public ravi: c’est exactement ce qu’il attendait de lui. Car le succès, ce natif de Halifax le doit en bonne partie à sa dégaine de garçon humble, sympa et «comme tout le monde», du genre à jurer gentiment et à inonder Instagram de photos de chats. Pourquoi celui qui s’est fait tout seul en écumant les bars sa guitare sous le bras s’entourerait-il de basses vibrantes et de beats envahissants? A peine monté sur scène, le sourire franchement jovial, Ed Sheeran préfère enchaîner les anecdotes, encourageant le public à chanter avec lui, même complètement faux.

Car le Britannique n’est pas seulement un personnage attachant, il est aussi une vraie machine à tubes. Depuis sa percée en 2011, il en a signé des dizaines, de The A Team à Shape of You en passant par Sing, des mélodies ultra-connues que le stade reprend timidement d’abord, de manière plus zélée ensuite. Certes, les morceaux les plus mélancoliques (et légèrement sirupeux) de son répertoire pourraient se perdre dans l’immensité du Letzigrund. Mais Ed Sheeran sait comment occuper l’espace. Le pied sur sa pédale, il enregistre et superpose les boucles rythmiques, créant une épaisseur mélodique à la manière d’un homme-orchestre. Sur Tenerife Sea, il simule les aigus d’un harmonica et, dans Photograph, il harmonise sa voix avec celle du public dans une chorale monumentale.

Plus inspiré que les visuels de ses écrans géants, l’artiste offre un show sans prétention mais généreux. Ici, il s’acharne sur sa gratte, là, en tambourine les flancs, puis il rappe en gesticulant et s’essaie même au beatbox lors du rappel. En maillot de foot rouge, drapeau helvétique sur les épaules, Ed Sheeran ressemble un sportif après l’effort lorsqu’il vocifère «you need me man I don’t need you». C’est vrai: sur scène, il n’a besoin de personne pour tenir la distance.

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