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«Eden»: un été de troubles au sein du paradis perdu

Dans «Eden», Monica Sabolo a su trouver le ton juste pour transmettre le désarroi d’adolescents dans une réserve autochtone à l’orée de la forêt

Une bande étroite entre la ligne de l’autoroute et l’infini de la forêt, c’est la réserve indienne où Monica Sabolo a situé Eden, délaissant les rives du Léman et les milieux bourgeois de Summer et de Crans-Montana (Lattès 2016 et 2015). Le paradis du titre est perdu depuis longtemps. Nita, la fille qui relate les faits, ne le sait que trop. Faire parler des adolescents est périlleux, mais Monica Sabolo a donné à son personnage une distance très convaincante qui laisse percer le désarroi. Dès les premières pages, le malaise s’installe: «Souvent je me demande quel chemin auraient pris nos vies, ce qui serait arrivé si je n’avais pas eu peur», se reproche Nita.

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