Steichen, une épopée photographique. Sous la direction de William Ewing et Todd Brandow. Ed. Musée de l'Elysée. Env. 89 fr.

La première rétrospective européenne du photographe américain Edward Steichen (1879-1973) remporte actuellement un grand succès au Musée du Jeu de Paume à Paris. En attendant la venue de cette somptueuse exposition chez son organisateur, le Musée de l'Elysée à Lausanne, un livre permet de se familiariser avec la vision éclectique du maître new-yorkais. Egalement peintre, Steichen était l'un des chefs de file du pictorialisme, ambitieux mouvement esthétique qui voulait hisser la photo au niveau pictural en utilisant des artifices de prises de vue et de tirages. Edward Steichen était portraitiste, paysagiste, intéressé par la nature morte et le nu, mais aussi photographe de mode, de danse, de théâtre, de fleurs, de pub, sans oublier la photo de guerre et aérienne. Il était aussi graphiste, typographe et directeur artistique, ce qui lui a valu de s'occuper dès 1923 de la ligne visuelle des magazines Vogue et Vanity Fair. Comme le suggère dans le livre William Ewing, Edward Steichen incarnait la photographie à lui tout seul, autant par son éclectisme, son caractère tyrannique que son rôle de porte-voix de cette technique alors bourgeonnante. L'ouvrage rappelle aussi que Steichen a été conservateur de la photographie au MoMA de New York. L'exposition légendaire qu'il a alors mise sur pied, The Familiy of Man, a circulé dans le monde entier à partir de 1955, touchant un nombre record de visiteurs: plus de 9 millions.