C’est une histoire pleine de danses et de larmes. A Garbo, on est heureux, on travaille, on parle, on mange et Greta et Darius s’y marient. Dès lors ils coupent et cousent ensemble dans la boutique de l’oncle, et s’aiment si bien que vient au monde un petit Milo. Mais un jour, Garbo se pare de noir et d’interdits.
Alors les amoureux, l’oncle et l’enfant fuient ensemble cette dictature pour un ailleurs et un meilleur.

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Un récit d'exil et d'espoir

Dédié à tous les immigrés, ce récit chatoyant (avec son CD où la musique klezmer côtoie le jazz) parle d’exil et d’espoir, de construction de soi et de transmission. Chaque page respire la liberté, chaque être y est mouvement, chaque phrase s’envole et s’anime au gré de typographies singulières; les couleurs de Natali Fortier se brouillent puis éclatent à nouveau, le grand manteau de l’oncle, au fil des ans et des générations, rétrécit comme peau de chagrin (mais aussi de joie), devient doudou-racine, souvenir de là-bas.

Il y a le texte de Sigrid Baffert, les images de Natali Fortier; il y a la voix de Jean-Pierre Darroussin, la musique, les chansons. Il faudrait pouvoir citer tous les artistes qui ont collaboré à Loin de Garbo, cet album rare, si généreux.

Un faon orphelin

Dans les montagnes de Mongolie Intérieure vivent les Ewenkis, un peuple d’éleveurs de rennes. Un jour, l’un d’eux chasse un élan; or c’était une femelle allaitante et Guéli Shenké se sent désormais responsable du faon orphelin. C’est leur vie en commun que nous conte le Chinois Blackcrane. Avec L’élan ewenki, le jeune lecteur découvre une nature intacte, toujours respectée, et les planches de Jiu Er (beaucoup de crayon, un peu d’aquarelle, des cadrages superbes), qui ne manquent ni d’humour ni d’action, conjuguent l’harmonie et la complicité à tous les temps.

Plus que d’une simple cohabitation, c’est bien d’amitié que l’on parle ici, et il est touchant de voir au fil des pages l’animal gagner en puissance, tandis que l’homme décline. Il est alors temps de ramener l’élan dans sa forêt natale…
L’immense et l’intime se côtoient tout au long de ces pages qui célèbrent la relation entre humains et animaux sans angélisme, mais dans un rapport sain et respectueux.


Sigrid Baffert, «Loin de Garbo», Editions des Braques. Illustrations de Natali Fortier, raconté par Jean-Pierre Darroussin. Composition d’Alexis Ciesla, interprétation par le Collectif de l’Autre Moitié. Dès 5 ans et pour tous.

Blackcrane, «L’élan ewenki», Rue du monde/Pas comme les autres. Illustrations de Jiu Er. Dès 7 ans et pour tous.