Midnight Juggernauts. Dystopia. (Siberia Records/EMI)

Entre parodie paresseuse et réinvention géniale du passé, la frontière est plus tenue et fragile qu'on ne pourrait le penser. Mal négociée, elle a le pouvoir de faire basculer un disque dans le rayon du mauvais goût. Les Australiens de Midnight Juggernauts ont saisi le problème et sont allés à l'opposé des faciles approximations d'un Sébastien Tellier. Ce premier disque du trio de Melbourne, si ancré dans les années 70 et 80, fait sortir du placard le meilleur Bowie, celui qui bouleversait le monde avec des sons synthétiques que lui bricolait spécialement Brian Eno. «Shadows» est le morceau-manifeste qui résume les fulgurances de cette madeleine proustienne aux ingrédients détournés.