«Ce débat me rappelle celui qui a touché la Suisse au moment de la préparation de l'Exposition nationale. En fallait-il une? La réponse a été oui, pour autant qu'on y trouve une réponse contemporaine. En pleine période de globalisation, les Suisses ont montré qu'ils étaient attachés à la notion de territoire. En fait, plus la globalité produit ses effets, plus il est important de s'interroger sur le territoire et son développement. Avec des objets, des documents et une mise en scène, les musées apportent des éléments de réponse. Vu sous cet angle, avoir un musée national en Suisse a encore un sens.

D'un point de vue muséologique, c'est vrai, il y aurait de grandes questions à poser - si le débat actuel dépassait les querelles de personnes. Avec les nouveaux médias, le public attend autre chose des musées. Mais tout va très vite et les grandes institutions ne peuvent pas évoluer avec la même rapidité.

D'autre part, il faudrait une politique de choix plus ferme autour de ce que l'on conserve pour la mémoire de la Suisse. Nous avons l'angoisse de passer à côté d'objets essentiels, alors on garde le plus de choses possible, sans prendre de risque.

Que faut-il faire du Musée national? La bonne idée serait peut-être de l'ériger en une centrale capable de gérer l'impressionnant réseau de musées locaux, régionaux, cantonaux que compte le pays.»