L’histoire d’Elie Grappe n’est pas commune. Pourtant le jeune réalisateur, né en 1994 à Lyon, est un produit exemplaire de sa génération. Il a tourné à un âge précoce pour la profession son premier long métrage, le désormais fameux Olga, sorti sur les écrans romands en novembre dernier – récompensé à la Semaine de la critique au Festival de Cannes et par le Prix du meilleur film de fiction helvétique 2021. Le drame de cette adolescente ukrainienne, gymnaste d’élite, exilée en Suisse pour échapper aux assaillants de sa mère journaliste d’investigation a tenu en haleine le monde entier, ou presque. Distribué dans 31 pays, bientôt en salles en Ukraine, il a même failli être diffusé en Russie. L’«opération militaire spéciale» russe en Ukraine et la sémantique tout aussi spéciale qu’elle a suscitée dans le pays ont remis cette sortie à des jours meilleurs.