Questions à

Elisabeth Stoudmann: «Vibrations était le seul magazine qui couvrait toutes les musiques actuelles»

Elisabeth Stoudmann revient sur l’aventure du magazine Vibrations

Les amateurs de musiques métissées ont la gorge serrée. Le magazine Vibrations qui, depuis 1991, parlait aussi bien de jazz, de soul, de hip-hop, de rap, de musiques africaines, de gospel ou encore de house ou de R’n’B, a déposé le bilan. Journaliste musicale, Elisabeth Stoudmann fut sa cofondatrice avec Pierre-Jean Crittin, à Lausanne, il y a vingt-deux ans. Elle revient sur «cette aventure éditoriale qui lui a tout appris».

Le Temps: Qu’est-ce qui a causé la fin de «Vibrations», magazine pourtant plébiscité en Suisse et en France par un lectorat de connaisseurs passionnés?

Elisabeth Stoudmann: J’ai quitté la rédaction depuis cinq ans, mais il est clair que Vibrations se trouvait depuis quelque temps au croisement de deux marchés en difficulté, l’industrie du disque et le monde de la presse.

– N’avez-vous pas imaginé le convertir en magazine web pour limiter les coûts de production?

– En 2006, nous avons créé un site web, qui était d’ailleurs un des premiers sites tendance 2.0, ­offrant une interactivité avec ses lecteurs, contrairement aux sites vitrines. Il a très vite très bien marché, mais nous n’avons jamais franchi le pas du site payant.

– Revenons aux débuts. Pourquoi fonder «Vibrations » en 1991avec le programmateur de la Dolce Vita, Pierre-Jean Crittin, le photographe Benoît Peverelli et les dessinateurs Noyau et Mix & Remix?

– Parce qu’à l’époque, comme aujourd’hui d’ailleurs, il n’y avait aucun magazine qui parlait de toutes les musiques actuelles de manière décloisonnée. Au début, Vibrations était un fanzine avec une forte présence du dessin, notamment en couverture. Dès que, un an plus tard, les NMPP, le grand distributeur de journaux français, nous ont diffusé en France, nous avons remplacé le dessin de couverture par la photo, plus standard.

– Vos plus beaux souvenirs?

– Le travail d’équipe, la réalisation d’un journal de A à Z, les rencontres avec les artistes, les contacts avec Londres… Et, à titre personnel, mon premier voyage en Afrique pour rencontrer Ali Farka Touré. Le début d’une grande histoire passionnée avec ce continent.

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