Le succès colossal et peut-être inattendu de Bohemian Rhapsody incite à raconter sur grand écran la vie trépidante des héros de la pop music issus des coruscantes seventies. Après Queen, voici Elton John. Si le film consacré à Freddy Mercury et sa bande respecte les canons du biopic classique, celui que Dexter Fletcher (Sunshine on Leith, Eddie the Eagle) dédie à l’auteur de Candle in the Wind fait éclater les structures narratives pour saisir la trajectoire du chanteur à lunettes dans un mouvement kaléidoscopique étourdissant.

Soufflant, suant, écumant, un Minotaure écarlate s’avance le long d'un couloir et fait irruption dans un groupe de parole. Ce diable cornu, c’est Elton John (brillamment interprété par Taron Egerton). Il n’en peut plus. Grisé par le succès et l’argent, il est parti en vrille. «Je m’appelle Elton Hercules John et je suis alcoolique, cocaïnomane, sex addict, boulimique…»