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«Elven», la rivière qui coule de travers

Arte montre ces temps une malhabile série norvégienne basée sur une enquête mêlant corps disséminé et manœuvres militaires. Le génie nordique a ses limites

Elven. La rivière des secrets promet une forte et franche empoignade entre la police et l’armée, dans les neiges norvégiennes. Des parties d’un corps sont retrouvées autour de la rivière en question. Puis une petite fille est assassinée, sur le territoire militaire. C’est ce qui met hors de lui le policier principal de la bourgade, car les fantassins en exercice l’ont repoussé alors qu’il voulait élargir sa zone de recherche.


Arte offre la série sur YouTube en version originale sous-titrée jusqu’au 20 novembre 2018. Le premier épisode:

L’armée a bien des choses à cacher

Sans conteste, les femmes et les hommes en treillis ont quelque chose à cacher – l’une d’entre elles paraît d’ailleurs mal à l’aise à ce sujet. Il y a pire: l’exercice en question a été ordonné car des mouvements de troupes sont observés à la frontière avec la Russie… Au reste, l’enquêteur civil doit se battre pour continuer à investiguer, car la hiérarchie d’Oslo et la brigade criminelle par l’odeur du sang alléchée veulent ramasser l’affaire.

Arte montre Elven (The River en titre international) en ce moment, ainsi qu’en rattrapage. La série est due à Kristine Berg et Arne Berggren. Les amateurs de «nordic noir» peuvent saliver. Enfin une série policière norvégienne – à cette heure, elles sont bien plus rares que les suédoises et les danoises – qui peut faire souffler des coups de vent glacés et ténébreux.

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Comment gâcher une introduction de base

Hélas, on déchante vite. Rien n’est vraiment bien fagoté dans ce suspense mou. Que ce soit lent, pourquoi pas? N’en déplaise à ceux qui consomment les séries avec l’œil et la perspective artistique d’un lapin Leclanché, la lenteur est un charme, dans le feuilleton. Mais là, elle ne sert à rien. Pis, elle ne sert rien. Elven commence sans bien décrire son monde, cette ville et sa base militaire.

A vouloir démarrer avec son macchabée démantibulé, elle gâche son introduction élémentaire, l’ordre des choses, celui-là même qui sera bousculé pour les besoins du drame. La série veut rester à hauteur d’hommes, coller à ses personnages; elle le fait tant que sa trame perd le peu d’intérêt qu’elle présentait. En plus, par ses accès de colère assez niais, le policier qui tient lieu de héros finit par agacer le patient spectateur, qui va finir par piquer une tête dans la rivière glacée.


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